Fête de « Paquinou » : La ruée vers le ‘’pays baoulé’’

Fête de « Paquinou » : La ruée vers le ‘’pays baoulé’’

Difficile de se trouver un ticket pour embarquer
Difficile de se trouver un ticket pour embarquer

Comme chaque année, à l’approche de la fête de Pâques en Côte d’Ivoire, les populations de l’ethnie « baoulé » originaires du centre du pays, choisissent cette période pour célébrer à leur façon, la résurrection de Jésus-Christ, appelée communément «Paquinou».

C’est un grand moment de retrouvailles des fils et filles de même village partis créés des plantations de café, cacao, hévéa, anacarde etc. en zone forestière (au sud et à l’ouest du pays) ou encore exerçant en zone urbaine, pour réfléchir sur les questions liées au développement dudit village. Ce, en marge de l’aspect festif ponctué généralement de danses tradi-modernes, de partage de mets variés, de fiançailles, de règlement de problèmes familiaux, de matches de football etc.

C’est aussi un moment idéal choisi par les notables, pour des intronisations de chefs coutumiers et permettant à chacun de se connaître ou se redécouvrir et se projeter au sein de la famille ou de la communauté.

A quelques heures de ce grand rendez-vous de retrouvailles, la gare routière d’Abidjan-Adjamé, ne désemplie pas, tout comme les autres. C’est l’effervescence totale au sein des différentes compagnies de transport desservant le ‘’pays baoulé’’. Celles-ci sont prises d’assaut par ces voyageurs saisonniers qui ont hâte de regagner la terre ancestrale, après une absence plus ou moins prolongée. C’est le constat en ce samedi 4 avril.

Longues files d’attente devant les guichets, autocars introuvables, foule compacte de voyageurs impatients mais enthousiastes, coxers (démarcheurs) très affairés, embouteillages, tohu-bohu généralisé… Bref, l’engouement est total.

Les compagnies de transport sont débordées, au point que les conducteurs n’ont plus de répit, comme l’explique N’zué Hilaire, directeur des opérations dans une compagnie desservant plusieurs localités ‘’baoulé’’ (Yamoussoukro, M’Bahiakro, Tiébissou, Bouaké…).

« En ce moment de grande affluence, c’est environ une quarantaine d’autocar qui partent d’Abidjan à destination des villes du ‘’pays baoulé’’. Lorsqu’un car arrive en gare, aussitôt, il fait son plein et sans attendre, il repart », a-t-il déclaré.

Les voyageurs font le pied de grue pour avoir une place dans l’autocar après l’achat du ticket, qui, lui, relève parfois d’un parcours du combattant. Officiellement les tarifs n’ont pas connu de hausse, mais, certains démarcheurs en achètent et les revendent un peu plus cher aux voyageurs.

Toute une marée humaine de voyageurs saisonniers
Toute une marée humaine de voyageurs saisonniers

Les embouteillages de véhicules et les bousculades de personnes sont assez fréquents dans cette foule compacte. Certains voyageurs attendent débout quand d’autres visiblement fatigués, s’asseyent à côtés de leurs bagages, tout en y veillant, pour éviter les cas de vol, d’ailleurs récurrents, perpétrés par des larrons infiltrés.

Cette forte ambiance au sein des compagnies de transport est agrémentée par la musique tradi-moderne du terroir « baoulé » de certains artistes distillés ça et là. Notamment : Allah Thérèse, Sidonie la Tigresse, N’guess Bonsens, Kouadio Maurisson, Amani Johnny, Bellanika, Konan Ebongué etc.

Aussi, des entreprises proposant divers produits (boissons alcoolisées & non alcoolisées, savons, parfums, pommades…), ainsi qu’une compagnie de téléphonie mobile ont ouvert des stands de vente, au sein de certaines compagnies de transport desservant le ‘’pays baoulé’’.

Notons également qu’à côté des voyageurs qui ont pris d’assaut les gares, d’autres ont choisi de se rendre sur leur terre natale en convoi. Ainsi, ce sont de nombreux convois qui sont organisés à travers plusieurs communes d’Abidjan.

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Ils bravent le soleil attendant impatiemment un autocar pour regagner le terroir baoulé

L’on assiste donc en ce moment à un exode rural, marqué par le dépeuplement momentané de la capitale économique ivoirienne et de bien d’autres villes de l’intérieur du pays, vers les localités rurales du centre de la Côte d’Ivoire.

Signalons que cette période de retrouvailles annuelle en ‘’pays baoulé’’ semble devenir une institution qui se prépare d’avance et prend dorénavant une orientation culturelle avec plusieurs invités. Elles maintiennent et consolident l’esprit de solidarité, de communauté, de réconciliation etc.

Plus de 10 000 agents des forces de l’ordre ont été déployés sur le territoire national, notamment dans le centre du pays, pour sécuriser cette fête de Pâques.

Bonne fête à toutes et à tous !

Narcisse Angan

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Commentaires

Benjamin Yobouet
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C'est cela la tradition chez nous mon frère en pays Baoulé le "PAQUINOU" Narcisse bien décrit dans ce billet; merci bien à toi :D ! Bon "paquinou" à toi ...